Guide d'information à caractère indicatif — Dernière mise à jour : 23 juin 2026
Droit du travail

Comment demander la résiliation judiciaire de son contrat de travail ?

Fiche d'information pratique concernant les démarches de résiliation judiciaire du contrat de travail d'un salarié du secteur privé. Informations indicatives issues de sources publiques, à compléter auprès d'un avocat selon votre situation et votre lieu de résidence.

Pourquoi se faire accompagner par un avocat ?

Les démarches liées à une résiliation judiciaire du contrat de travail comportent des risques juridiques et financiers importants. Un professionnel peut vous aider à :

  • Sécuriser la procédure pour éviter les vices de forme ou les contestations futures.
  • Calculer précisément vos droits et les éventuelles indemnités applicables.
  • Défendre vos intérêts lors d'une négociation ou devant les juridictions compétentes.

Éléments clés de la procédure

01

Saisine du Conseil de prud'hommes : Le salarié, de préférence assisté d'un avocat, dépose une requête devant le Conseil de prud'hommes (CPH) compétent, répertoriant précisément les manquements graves imputés à son employeur.

02

Poursuite de l'exécution du contrat : Le salarié continue de travailler dans l'entreprise et d'exécuter ses missions de bonne foi. L'employeur doit maintenir le salaire et les conditions de travail habituelles pendant toute la durée de la procédure.

03

Phase de conciliation obligatoire : Les parties sont convoquées devant le Bureau de conciliation et d'orientation (BCO) pour tenter de trouver un accord amiable (par exemple, signature d'un protocole d'accord transactionnel).

04

Instruction de l'affaire devant le bureau de jugement : En l'absence d'accord, l'affaire est renvoyée devant le Bureau de jugement. Les avocats rédigent et s'échangent leurs conclusions et pièces de preuve selon le calendrier fixé.

05

Audience de plaidoirie prud'homale : Les conseils plaident l'affaire devant le Conseil de prud'hommes afin de démontrer ou contester la réalité et la gravité des manquements reprochés.

06

Notification du délibéré et rupture effective : Le Conseil de prud'hommes rend sa décision. Si la demande est validée, le jugement prononce la rupture du contrat de travail aux torts de l'employeur à la date du jugement, ouvrant droit aux indemnités.

Délais légaux & procédure

La procédure de résiliation judiciaire s'inscrit dans des délais d'action et d'exécution stricts :

  • Maintien au poste : Le salarié reste lié à son contrat de travail et à ses obligations jusqu'au jour où le Conseil de prud'hommes prononce la résiliation (ou jusqu'à un éventuel licenciement ultérieur).
  • Délai d'action en justice : Le salarié dispose d'un délai de prescription de 2 ans pour contester des manquements liés à l'exécution de son contrat de travail.
  • Durée moyenne de la procédure : La procédure se déroule selon le calendrier classique d'une affaire prud'homale au fond, oscillant généralement entre 10 et 18 mois selon les tribunaux.
  • Délai d'appel : Les parties disposent d'un délai de 1 mois (à compter de la notification officielle du jugement par lettre recommandée AR ou par voie de commissaire de justice) pour faire appel devant la cour d'appel.
  • Prise d'effet de la rupture : Si elle est prononcée par les juges, la rupture du contrat prend effet à la date du jugement (sauf si le salarié a été licencié entre-temps, auquel cas elle prend effet à la date du licenciement).

Règles de tarifs & coûts

Les conséquences financières de la résiliation judiciaire dépendent entièrement de la validation ou du rejet des griefs :

  • Si la résiliation est prononcée aux torts de l'employeur (licenciement abusif) : Le salarié a droit au versement de l'indemnité compensatrice de préavis brut, de l'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement (1/4 de mois de salaire par an d'ancienneté pour les 10 premières années, 1/3 au-delà), de l'indemnité de congés payés, et de dommages-intérêts selon le barème Macron.
  • Si la résiliation est prononcée pour harcèlement ou discrimination (licenciement nul) : Le salarié bénéficie d'une indemnité minimale d'au moins 6 mois de salaire brut, s'ajoutant aux autres indemnités de rupture.
  • Si la demande est rejetée par les juges : Le contrat se poursuit normalement sans qu'aucune indemnité ne soit due. Le salarié conserve son emploi et n'est redevable d'aucune somme envers l'employeur.
  • Si le salarié a été licencié au cours de l'instance et que la résiliation est validée : Le licenciement ultérieur est jugé nul et sans effet, la rupture produisant les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse à la date de la notification du licenciement.
  • Remboursement des frais de procédure : Le Conseil de prud'hommes peut condamner l'employeur à verser au salarié une somme au titre de l'article 700 du Code de procédure civile pour couvrir ses frais d'avocat.

Pièces et documents à préparer

Pour faciliter vos démarches et l'étude de votre dossier par un professionnel, nous vous conseillons de rassembler les pièces suivantes :

  • Requête de saisine du Conseil de prud'hommes rédigée et déposée par le greffe
  • Contrat de travail initial et avenants successifs signés
  • Les 12 derniers bulletins de salaire précédant la saisine
  • Documents prouvant les manquements de l'employeur (courriels, SMS, rapports médicaux, fiches de paie erronées, attestations de témoins)
  • Courriers de mise en demeure envoyés préalablement à l'employeur
  • Certificat de travail et attestation France Travail (si un licenciement est intervenu en cours de procédure)
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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une demande de résiliation judiciaire du contrat de travail ?
La résiliation judiciaire est une action en justice engagée par un salarié en CDI devant le Conseil de prud'hommes. Le salarié demande au juge de prononcer la rupture de son contrat de travail en raison de manquements graves commis par l'employeur. Si la demande est acceptée, la rupture produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse.
Quels manquements de l'employeur justifient une résiliation judiciaire ?
Les manquements invoqués doivent être d'une gravité suffisante pour empêcher la poursuite normale de la relation contractuelle. Il s'agit par exemple du non-paiement répété des salaires ou des heures supplémentaires, de la modification unilatérale du contrat sans accord (baisse de rémunération, changement de fonctions), du harcèlement moral ou sexuel, ou de la violation de l'obligation de sécurité de l'employeur.
Le salarié doit-il continuer à travailler pendant la procédure ?
Oui, c'est la différence majeure avec la prise d'acte. Pendant toute la durée de la procédure prud'homale (qui peut durer plusieurs mois), le contrat de travail se poursuit. Le salarié doit continuer à travailler normalement à son poste et à exécuter ses tâches, et l'employeur doit continuer à lui verser sa rémunération.
Quelles sont les conséquences si le juge accepte la résiliation ?
Si le Conseil de prud'hommes estime les manquements réels et graves, il prononce la rupture du contrat de travail aux torts exclusifs de l'employeur. Cette rupture produit les effets d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse (ou nul). L'employeur doit verser toutes les indemnités de rupture et délivrer les documents de fin de contrat. Le salarié a également droit aux allocations chômage.
Que se passe-t-il si la demande de résiliation judiciaire est rejetée ?
Si le juge considère que les manquements de l'employeur ne sont pas établis ou ne sont pas d'une gravité suffisante, la demande est rejetée. Le contrat de travail n'est pas rompu et se poursuit normalement dans les conditions antérieures. Le salarié reste à son poste de travail dans l'entreprise, sans subir de sanction.
Que se passe-t-il si l'employeur licencie le salarié en cours de procédure ?
Le licenciement notifié en cours d'instance ne rend pas la demande de résiliation judiciaire sans objet. Les juges doivent d'abord examiner le bien-fondé de la demande de résiliation. Si elle est justifiée, la résiliation est prononcée aux torts de l'employeur et produit les effets d'un licenciement abusif à la date du licenciement. Si elle est rejetée, les juges statuent alors sur la légitimité du licenciement lui-même.

Sources officielles & légales

Si vous constatez une erreur ou souhaitez suggérer une modification, n'hésitez pas à nous le signaler par e-mail.

Avertissement : Cette page propose des informations publiques à caractère indicatif. Elle ne remplace en aucun cas la consultation d'un professionnel du droit habilité à vous conseiller selon les spécificités de votre situation.

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